- Arrêt du 18 juin 2012

18/06/2012 - C.10.0692.F

Jurisprudence

Résumé

Sommaire 1
Même si la cassation d’un arrêt entraîne l’annulation d’un autre qui en est la suite, l’effet d’une cassation sur l’étendue de celle-ci ne constitue pas un moyen (1). (1) Cass. 14 avril 1994, RG 9592, Pas. 1994, I, n° 176.

Arrêt - Texte intégral

N° C.10.0692.F

J. B., demandeur en cassation,

représenté par Maître Huguette Geinger, avocat à la Cour de cassation, dont le cabinet est établi à Bruxelles, rue des Quatre Bras, 6, où il est fait élection de domicile,

contre

1. AG INSURANCE, société anonyme dont le siège social est établi à Bruxelles, boulevard Emile Jacqmain, 53,

2. AXA BELGIUM, société anonyme dont le siège social est établi à Watermael-Boitsfort, boulevard du Souverain, 25,

défenderesses en cassation,

représentées par Maître Isabelle Heenen, avocat à la Cour de cassation, dont le cabinet est établi à Bruxelles, avenue Louise, 480, où il est fait élection de domicile.

I. La procédure devant la Cour

Le pourvoi en cassation est dirigé contre les arrêts rendus les 15 janvier 2008, 20 avril 2009 et 19 avril 2010 par la cour d'appel de Mons.

Par ordonnance du 23 avril 2012, le premier président a renvoyé la cause devant la troisième chambre.

Le président Christian Storck a fait rapport.

L'avocat général délégué Michel Palumbo a conclu.

II. Le moyen de cassation

Le demandeur présente un moyen libellé dans les termes suivants :

Dispositions légales violées

- articles 1134, 1165, 1168, 1176, 1178, 1179, 1181, 1184 et 1582 du Code civil ;

- articles 8, 9, 10, avant sa modification par la loi du 25 juin 1992, et 79 de la loi hypothécaire du 16 décembre 1851 ;

- articles 1er, 20 et 36 (avant son abrogation par la loi du 25 juin 1992) de la loi du 11 juin 1874 formant les titres X et XI du livre 1er du Code de commerce ;

- articles 17, §§ 1er et 4, et 19, § 2, de l'arrêté royal du 1er février 1988 réglementant l'assurance contre l'incendie et d'autres périls en ce qui concerne les risques simples.

Décisions et motifs critiqués

L'arrêt attaqué du 19 avril 2010 déclare l'appel principal des défenderesses fondé et l'appel incident du demandeur non fondé, met à néant le jugement entrepris en toutes ses dispositions, sauf en ce qu'il avait reçu la demande originaire du demandeur et en ce qui concerne les dépens lui revenant, et, réformant et statuant par voies de dispositions nouvelles pour le surplus, condamne les défenderesses, chacune pour la moitié, à payer au demandeur, pour la valeur vénale du bâtiment, une somme définitive de 814.684,25 euros, y compris les condamnations provisionnelles déjà prononcées pour ce bâtiment, à majorer des intérêts moratoires à partir du 13 février 2010 jusqu'au parfait paiement, dont à déduire la somme de 544.313,55 euros, majorée des intérêts aux taux légaux successifs depuis la date des décaissements, et ce, aux motifs suivants :

« Il reste à la cour [d'appel] à évaluer l'indemnisation revenant [au demandeur] pour le préjudice subi par son bâtiment, indépendamment du chômage immobilier qui a déjà été jugé ;

À cet égard, il faut d'ores et déjà relever que les sommes provisionnelles, déjà attribuées par deux précédents arrêts, sont fondées sur des hypothèses, respectivement de reconstruction et de reconstitution de l'immeuble sinistré, qu'il faudra à nouveau examiner à la lumière des circonstances actuelles ;

Comme cela a déjà été précisé, dans un arrêt précédent, [le demandeur] doit réclamer, auprès de ses assureurs, l'indemnisation de son préjudice en se fondant sur l'article 4 des conditions générales de sa police d'assurance qui fixe le montant de l'indemnité à la valeur à neuf du bâtiment, en cas de reconstruction, et à une autre valeur faisant l'objet d'un calcul complexe, en cas de reconstitution de l'immeuble sinistré ;

De plus, le même article précise également, dans l'hypothèse d'une absence de reconstruction ou de reconstitution, que l'indemnisation doit s'effectuer ‘sur la base de la valeur vénale du bâtiment, sous déduction de la valeur du terrain' ;

En l'espèce, il a déjà été donné acte [au demandeur] dans l'arrêt du 4 octobre 2004 qu'il renonçait définitivement à la reconstruction de son bien incendié ;

Par contre, [le demandeur] continue à invoquer une indemnisation se fondant sur une reconstitution de la valeur de son bâtiment en faisant état de l'acquisition, sous condition suspensive, de blocs d'appartements à Ostende, le premier, pour une somme de 618.000 euros, par le biais d'un compromis de vente du 4 mai 2005, et le second, pour une somme de 825.000 euros, par le biais d'un compromis du 25 septembre 2007 ;

Il est à noter que [le demandeur] avait déjà signé un autre compromis de vente, le 8 décembre 2004, pour l'acquisition d'un bloc d'appartements à Koekelberg, cette vente ayant fait l'objet d'une résolution judiciaire, à défaut pour celui-ci de pouvoir payer le prix eu égard au blocage créé par la présente procédure ;

Il convient donc de se demander si [le demandeur] peut réclamer l'indemnité prévue en cas de reconstitution de son patrimoine sinistré ou s'il doit se contenter de la valeur vénale prévue en l'absence de reconstruction ou de reconstitution ;

En l'espèce, comme cela a déjà été précisé, par cette chambre, dans son arrêt du 15 janvier 2008, il appartient [au demandeur] de démontrer que les ventes projetées ont des chances réelles de se réaliser ;

La cour [d'appel], dans le même arrêt, avait déjà souligné que les multiples saisies-arrêts pratiquées par les créanciers [du demandeur] entre les mains des assureurs de ce dernier sur les indemnités d'assurance faisaient craindre que les ventes ne puissent jamais se réaliser ;

Par le même arrêt toujours, [le demandeur] avait déjà été invité à s'expliquer sur la manière dont il comptait financer ses projets d'acquisition, la cour [d'appel] ne pouvant contester ces saisies-arrêts ni contraindre un créancier hypothécaire à renoncer à ses garanties initiales et à transférer son hypothèque sur les immeubles nouvellement acquis ;

Force est de reconnaître que [le demandeur] ne fait état d'aucune négociation et encore moins d'accord conclu avec son créancier hypothécaire pour permettre, par la perception des indemnités d'assurance, le financement des acquisitions projetées ;

Il est à noter que la société anonyme Fortis Banque, le créancier hypothécaire, a procédé également à une saisie-arrêt, le 4 novembre 2002, pour une somme de 1.058.830,98 euros à majorer d'une somme de 212,25 euros par jour depuis le 5 octobre 2002 ;

[Le demandeur] ne justifie pas non plus, par des pièces récentes, que les vendeurs sont toujours disposés à passer les actes authentiques et n'ont pas déjà vendu leurs biens à des tiers ;

Dans ces conditions, il n'apparaît pas que [le demandeur] ait la moindre chance de pouvoir faire aboutir ses projets d'acquisition ;

Partant, conformément à l'article 4 des conditions générales de la police d'assurance, [le demandeur] n'a droit qu'à la valeur vénale de son bâtiment au moment du sinistre, sous déduction de la valeur du terrain ».

L'arrêt attaqué du 15 janvier 2008 avait auparavant rouvert les débats afin que le demandeur s'explique sur les possibilités de reconstitution de son patrimoine immobilier en tout ou en partie et que les parties mettent la cour [d'appel] en mesure d'apprécier, le cas échéant, la valeur réelle ou la valeur vénale de l'immeuble concerné, aux motifs que :

« L'article 4, c), des ‘conditions communes' du contrat d'assurance prévoit notamment que, si l'assuré renonce à la reconstruction du bâtiment sinistré, mais affecte l'indemnité relative aux dégâts à ce bâtiment à l'acquisition d'un autre bâtiment en Belgique, le montant des dégâts est déterminé sur la base de la valeur à neuf du bâtiment sinistré, pour autant que le montant affecté à l'acquisition du nouveau bâtiment soit au moins équivalent à cette valeur à neuf ; si le montant affecté à l'acquisition du nouveau bâtiment est inférieur à la valeur à neuf du bâtiment sinistré mais supérieur à la moitié de celle-ci, l'indemnité est égale à l'indemnité due pour le bâtiment sinistré estimé en valeur réelle ;

En l'occurrence, il n'est pas contesté que la valeur à neuf de l'immeuble assuré s'élevait à 1.060.860 euros. En revanche, les [défenderesses] persistent à ne donner aucune indication sur les valeurs réelle et vénale de cet immeuble, en dépit de l'objet de la dernière réouverture des débats ;

Se fondant sur l'article 4, c), précité et sur des actes sous seing privé qu'il joint à son dossier, [le demandeur] réclame actuellement devant la cour [d'appel] la valeur à neuf dont question ci-avant, soit 1.060.860 euros, augmentée du chômage immobilier, soit 44.472,10 euros, et des intérêts depuis le 20 novembre 1990, soit 1.136.490 euros, soit encore un total de 2.241.828,10 euros. Compte tenu des paiements intervenus, totalisant 544.313,53 euros, et des intérêts sur ceux-ci, il lui revient, selon lui, un solde de 1.606.422,20 euros ;

Les actes sous seing privé qu'il invoque sont ceux par lesquels il se porte acquéreur d'appartements à construire à Ostende pour les prix de 825.000 euros (convention passée avec la société anonyme Depoorter Immobiliën) et de 618.000 euros hors taxe sur la valeur ajoutée (convention passée avec la société anonyme Valerie Invest). Contrairement à ce que les compagnies affirment dans leurs conclusions, il n'apparaît pas que cette dernière convention ait été résolue ;

[...] Les [défenderesses] soutiennent que les condamnations provisionnelles déjà prononcées sont déjà allées au-delà de leurs obligations et prétendent donc n'être plus redevables de quoi que ce soit envers [le demandeur] ;

Elles font valoir que leur assuré n'est en mesure de produire que des compromis de vente, qui n'ont pas d'effet à l'égard des tiers, d'autant qu'ils sont assortis d'une condition suspensive relative précisément à l'octroi des indemnités d'assurance dont l'acquéreur se prétend créancier. Selon elles, la vente d'un bien immobilier à leur assuré ne leur serait opposable qu'après transcription de l'acte authentique de vente ;

C'est oublier que le contrat lui-même précise que l'indemnité est payée ‘lors de l'acquisition du bâtiment' (cf. article 6), ce qui doit être compris comme étant la date à laquelle cette acquisition se réalise entre les parties à la vente et non celle de la transcription de l'acte authentique ;

Il est, en outre, admis que le propriétaire d'un immeuble assuré contre l'incendie n'a pas l'obligation d'engager des dépenses pour reconstruire son immeuble avant de recevoir les indemnités de la compagnie d'assurance. Il n'existe aucune raison pour qu'il en soit autrement lorsque l'assuré opte non pour la reconstruction de l'immeuble incendié mais pour la reconstitution de son patrimoine immobilier par l'acquisition d'un autre immeuble ;

Toutefois, il ne serait pas conforme à l'exécution de bonne foi des conventions que l'assuré se contente de faire état d'un simple souhait de se reconstituer un patrimoine immobilier ; encore faut-il, pour que cette intention ait des répercussions sur le montant de l'indemnité que l'assureur pourrait être amené à lui verser, qu'elle apparaisse avoir des chances de se réaliser ;

Dans le cas d'espèce, les saisies-arrêts déjà pratiquées auprès des compagnies d'assurance sur les indemnités qu'elles pourraient être amenées à verser [au demandeur] font craindre dès à présent que ce dernier ne soit jamais en mesure d'effectuer les paiements prévus aux compromis de vente invoqués. Force est en tout cas de constater qu'il ne fournit aucune explication sur la manière dont il pourrait financer ses projets d'acquisition, compte tenu desdites saisies-arrêts. À ce propos, la cour [d'appel] n'a pas le pouvoir de contraindre son créancier hypothécaire à renoncer à ses garanties initiales et à transférer son hypothèque existante sur les immeubles qui seraient nouvellement acquis. Il appartiendrait [au demandeur] de prouver que pareille solution a été négociée avec ledit créancier, ce qu'il s'abstient de faire. Dans l'état actuel de la cause, il ne paraît donc pas fondé à réclamer une indemnité égale à la valeur à neuf de l'immeuble assuré ;

Il reste que c'est à tort que les [défenderesses] affirment qu'elles n'étaient redevables de rien, à défaut de reconstruction ou de reconstitution du patrimoine. Au contraire, elles devaient à tout le moins une indemnité équivalente à la valeur vénale de l'immeuble, laquelle indemnité, selon l'article 6 du contrat, aurait dû être payée ‘dans les trente jours qui suivent le règlement du sinistre' ;

Les parties ne se sont pas expliquées sur l'interprétation qu'il convient de donner à cette clause, qui n'est pas claire : qu'est-ce que le ‘règlement' d'un sinistre, sinon le paiement de l'indemnité due ?

Surtout, il convient que [le demandeur] s'explique sur ses possibilités de reconstitution de son patrimoine immobilier, en tout ou en partie, et que les parties mettent la cour [d'appel] en mesure d'apprécier, le cas échéant, la valeur réelle ou la valeur vénale de l'immeuble concerné ;

Faute de toute précision sur ces points, la cour [d'appel] se voit contrainte d'ordonner une nouvelle réouverture des débats ».

L'arrêt attaqué du 20 avril 2009, avant dire droit, désigne en qualité d'expert monsieur J.L., architecte, lequel a pour mission, en s'entourant de tous renseignements utiles, s'adjoignant au besoin le concours de tout spécialiste de son choix, et procédant conformément aux dispositions de l'article 962 du Code judiciaire, d'entendre les parties et leur conseils et d'évaluer la valeur vénale et la valeur réelle de l'immeuble sinistré sis à ...., .... ., ....

Griefs

Première branche

Aux termes de l'article 1er de la loi du 11 juin 1874 formant les titres X et XI du livre 1er du Code de commerce, l'assurance est un contrat par lequel l'assureur s'oblige, moyennant une prime, à indemniser l'assuré des pertes ou dommages qu'éprouverait celui-ci par suite de certains événements fortuits ou de force majeure. Le profit espéré peut être assuré dans les cas prévus par la loi.

L'article 20 de cette loi dispose que, dans toute assurance, l'indemnité, en cas de sinistre, est réglée à raison de la valeur de l'objet, au temps du sinistre.

Aux termes de l'article 36 de la même loi, avant son abrogation par la loi du 25 juin 1992, en cas d'incendie de propriétés bâties, la perte éprouvée est évaluée par la comparaison de la valeur du bâtiment avant le sinistre avec la valeur de ce qui reste immédiatement après.

Suivant l'article 36, alinéa 2, elle est payée en argent, à moins que la reconstruction même des bâtiments n'ait été stipulée dans l'assurance.

Dans ce dernier cas, l'assuré doit rebâtir ou réparer, aux frais des assureurs, dans un temps qui sera déterminé au besoin par le juge ; l'assureur a le droit de veiller à ce que la somme dont il est tenu soit employée à cette fin (alinéa 3 de l'article 36).

Le cas échéant les parties pourront convenir que l'indemnisation se fera par l'acquisition d'un bien de remplacement.

Cette option est par ailleurs envisagée explicitement par l'article 17 de l'arrêté royal du 1er février 1988 réglementant l'assurance contre l'incendie et d'autres périls en ce qui concerne les risques simples, qui dispose en son paragraphe 1er que, sans préjudice de l'application des autres dispositions de cet arrêté qui permettent de réduire l'indemnité, celle-ci ne peut être inférieure :

- en cas d'assurance en valeur à neuf, à 80 p.c. de cette valeur, vétusté déduite ;

- en cas d'assurance en valeur agréée, à cette valeur ;

- dans les autres cas, selon les dispositions du contrat, la valeur vénale, le prix de revient, la valeur du jour ou la valeur réelle,

et ajoute, en son paragraphe 4, que, si le prix de reconstruction ou la valeur de remplacement est inférieur à l'indemnité pour le bâtiment sinistré calculée en valeur à neuf au jour du sinistre, l'indemnité est au moins égale à cette valeur de reconstruction ou de remplacement majorée de 80 p.c. de la différence entre l'indemnité initialement prévue et cette valeur de reconstruction ou de remplacement, déduction faite du pourcentage de vétusté du bâtiment sinistré et des taxes et droits qui seraient dus sur cette différence, vétusté déduite.

L'article 19, § 2, du même arrêté ajoute qu'en cas de remplacement en Belgique du bâtiment sinistré par l'acquisition d'un autre qui est affecté aux mêmes fins, l'assureur est tenu de verser à l'assuré, dans les trente jours qui suivent la date de clôture de l'expertise, une première tranche égale à l'indemnité minimale fixée à l'article 17, § 1er. Le solde est versé à la passation de l'acte authentique d'acquisition du bien de remplacement.

En l'occurrence, la cour d'appel a constaté dans l'arrêt du 19 avril 2010 que la police d'assurance prévoyait en son article 4 des conditions générales que l'indemnisation de l'immeuble se faisait, en cas de reconstruction, sur la base de la valeur à neuf, en cas de reconstitution, sur la base d'une autre valeur faisant l'objet d'un calcul complexe et, en l'absence de reconstruction ou de reconstitution, sur la base de la valeur vénale du bâtiment, sous déduction de la valeur du terrain.

Dans l'arrêt du 15 janvier 2008, la cour d'appel précisait à cet égard que l'article 4, c), des conditions communes du contrat d'assurance prévoyait notamment que, si l'assuré renonce à la reconstruction du bâtiment sinistré, mais affecte l'indemnité relative aux dégâts à ce bâtiment à l'acquisition d'un autre bâtiment en Belgique, le montant des dégâts est déterminé sur la base de la valeur à neuf du bien sinistré, pour autant que le montant affecté à l'acquisition du nouveau bâtiment soit au moins équivalent à cette valeur à neuf ; si le montant affecté à l'acquisition du nouveau bâtiment est inférieur à la valeur à neuf du bâtiment sinistré mais supérieur à la moitié de celle-ci, l'indemnité est égale à l'indemnité due pour le bâtiment sinistré estimé en valeur réelle.

S'appuyant sur cette clause du contrat, le demandeur demandait la condamnation des assureurs au paiement de l'indemnité d'assurance due en cas de reconstitution, en faisant état de l'acquisition, sous condition suspensive, à savoir ‘l'octroi des indemnités d'assurance dont l'acquéreur se prétend créancier', ainsi que le précise l'arrêt du 15 janvier 2008, de blocs d'appartements à Ostende, le premier, pour la somme de 618.000 euros, par le biais d'un compromis de vente du 5 mai 2005, et le second, pour une somme de 825.000 euros, par le biais d'un compromis du 25 septembre 2007.

En vertu de l'article 1134 du Code civil, toute convention est la loi des parties.

Si, aux termes de l'article 1165 du même code, les conventions n'ont d'effet qu'entre les parties contractantes, ne nuisent point au tiers et ne lui profitent que dans le cas prévu à l'article 1121 du Code civil, il n'empêche que le tiers, tout comme le juge, est tenu d'en reconnaître l'existence, tant qu'elles existent, ainsi que les effets qu'elles ont entre les parties.

Il s'ensuit que le tiers, tout comme le juge, sera tenu de reconnaître l'existence d'une convention conclue sous condition suspensive, ainsi que les effets que celle-ci a entre les parties.

Aux termes de l'article 1168 du Code civil, l'obligation est conditionnelle lorsqu'on la fait dépendre d'un événement futur et incertain, soit en la suspendant jusqu'à ce que l'événement arrive, soit en la résiliant, selon que l'événement arrivera ou n'arrivera pas.

L'article 1176 de ce code dispose que, lorsqu'une obligation est contractée sous la condition qu'un événement arrivera dans un temps fixe, cette condition est censée défaillie lorsque le temps est expiré sans que l'événement soit arrivé. S'il n'y a point de temps fixe, la condition peut toujours être accomplie ; et elle n'est censé défaillie que lorsqu'il est devenu certain que l'événement n'arrivera pas.

Selon l'article 1178, la condition est réputée accomplie lorsque c'est le débiteur, obligé sous cette condition, qui en a empêché l'accomplissement.

Aux termes de l'article 1179, la condition accomplie a un effet rétroactif au jour auquel l'engagement a été contracté. Si le créancier est mort avant l'accomplissement de la condition, ses droits passent à son héritier.

En vertu de l'article 1181, l'obligation contractée sous une condition suspensive est celle qui dépend, ou d'un événement futur et incertain, ou d'un événement actuellement arrivé mais encore inconnu des parties. Dans le premier cas, l'obligation ne peut être exécutée qu'après l'événement. Dans le second, l'obligation a effet du jour où elle a été contractée.

Il ressort de l'ensemble de ces dispositions qu'un droit sous condition suspensive existe dès la conclusion du contrat et ce, tant que la condition est pendante, bien que l'exécution de l'obligation soit suspendue. Le débiteur sera tenu de s'exécuter dès que la condition sera réalisée, sous peine de se rendre coupable d'un manquement aux obligations contractuelles.

De même, la partie cocontractante ne pourra point se libérer de ses obligations tant que la condition ne s'est pas réalisée et que le délai pour ce faire n'est pas expiré, sous peine de se rendre coupable d'un manquement contractuel au sens de l'article 1184 du Code civil, pouvant justifier la résolution du contrat.

En l'occurrence, la cour d'appel a constaté explicitement que le demandeur produisait deux compromis de vente, signés respectivement le 5 mai 2005 et le 25 septembre 2007, se rapportant à l'acquisition sous condition suspensive de blocs d'appartements à Ostende.

Aux termes de l'article 1582 du Code civil, la vente est une convention par laquelle l'un s'oblige à livrer une chose et l'autre à la payer.

Une condition suspensive ayant été prévue, les droits découlant des contrats de vente invoqués existaient tant que la condition était pendante ; seule leur exécution était suspendue.

Il s'ensuit que la cour d'appel, tout comme les assureurs, était tenue de reconnaître l'existence desdits compromis de vente, ainsi que les effets que ceux-ci avaient entre les parties à la vente, à savoir la transmission, sous condition suspensive, de la propriété des biens immeubles concernés par les compromis de vente, contre paiement du prix convenu, sans qu'elle ne puisse plus mettre en doute les chances de réalisation desdites conventions, seule la défaillance de la condition suspensive convenue pouvant justifier l'écartement de ces conventions.

Or, la cour d'appel n'a pas constaté que la condition suspensive était défaillie.

En outre, elle a elle-même admis déjà en l'arrêt du 15 janvier 2008 « que le propriétaire d'un immeuble assuré contre l'incendie n'a pas l'obligation d'engager des dépenses pour reconstruire son immeuble avant de recevoir les indemnités de la compagnie d'assurance ; qu'il n'existe aucune raison pour qu'il en soit autrement lorsque l'assuré opte non pour la reconstruction de l'immeuble incendié mais pour la reconstitution de son patrimoine immobilier par l'acquisition d'un autre immeuble ».

Partant, la cour d'appel, qui a relevé que le demandeur invoquait l'acquisition sous condition suspensive de blocs d'appartements situés à Ostende par le biais de deux compromis de vente, n'a pu décider légalement, ni dans l'arrêt du 15 janvier 2008 ni dans celui du 19 avril 2010, qu'il appartenait au demandeur de démontrer que ceux-ci avaient des chances de se réaliser, alors que tout droit contracté sous condition suspensive existe tant que la condition ne s'est pas réalisée, seule son exécution étant suspendue et, partant, a méconnu les effets internes qu'a toute convention de vente conclue sous condition suspensive, tant qu'elle existe (violation des articles 1134, 1168, 1176, 1178, 1179, 1181, 1184 et 1582 du Code civil), ainsi que leur opposabilité au tiers (violation de l'article 1165 du Code civil) et, partant, n'a pu décider légalement qu'en l'absence de preuve des chances de réalisation des compromis de vente, le demandeur n'avait droit qu'à la valeur vénale de son bâtiment, soit l'indemnité due en cas de non-reconstitution ou de non-remplacement du bâtiment sinistré (violation des articles 1134 du Code civil, 1er, 20 et 36, avant son abrogation par la loi du 25 juin 1992, de la loi du 11 juin 1874 formant les titres X et XI du livre 1er du Code de commerce, 17, §§ 1er et 4, et 19, § 2, de l'arrêté royal du 1er février 1988 réglementant l'assurance contre l'incendie et d'autres périls en ce qui concerne les risques simples).

Seconde branche

Aux termes de l'article 1er de la loi du 11 juin 1874 formant les titres X et XI du livre 1er du Code de commerce, l'assurance est un contrat par lequel l'assureur s'oblige, moyennant une prime, à indemniser l'assuré des pertes ou dommages qu'éprouverait celui-ci par suite de certains événements fortuits ou de force majeure. Le profit espéré peut être assuré dans les cas prévus par la loi.

L'article 20 de cette loi dispose que, dans toute assurance, l'indemnité, en cas de sinistre, est réglée à raison de la valeur de l'objet au temps du sinistre.

Aux termes de l'article 36 de la même loi, avant son abrogation par la loi du 25 juin 1992, en cas d'incendie de propriétés bâties, la perte éprouvée est évaluée par la comparaison de la valeur du bâtiment avant le sinistre avec la valeur de ce qui reste immédiatement après.

Selon l'article 36, alinéa 2, elle est payée en argent, à moins que la reconstruction même des bâtiments n'ait été stipulée dans l'assurance.

Dans ce dernier cas, l'assuré doit rebâtir ou réparer, aux frais des assureurs, dans un temps qui sera déterminé au besoin par le juge ; l'assureur a le droit de veiller à ce que la somme dont il est tenu soit employée à cette fin (alinéa 3 de l'article 36).

Les parties peuvent toutefois convenir que l'indemnisation se fera par l'acquisition d'un bien de remplacement, ainsi que le confirme l'article 17 de l'arrêté royal du 1er février 1988 réglementant l'assurance contre l'incendie et d'autres périls en ce qui concerne les risques simples, lequel dispose notamment en son paragraphe 4 que, si le prix de reconstruction ou la valeur de remplacement est inférieur à l'indemnité pour le bâtiment sinistré calculée en valeur à neuf au jour du sinistre, l'indemnité est au moins égale à cette valeur de reconstruction ou de remplacement majorée de 80 p.c. de la différence entre l'indemnité initialement prévue et cette valeur de reconstruction ou de remplacement, déduction faite du pourcentage de vétusté du bâtiment sinistré et des taxes et droits qui seraient dus sur cette différence, vétusté déduite.

L'article 19, § 2, dudit arrêté ajoute qu'en cas de remplacement en Belgique du bâtiment sinistré par l'acquisition d'un autre bâtiment affecté aux mêmes fins, l'assureur est tenu de verser à l'assuré, dans les trente jours qui suivent la date de clôture de l'expertise, une première tranche égale à l'indemnité minimale fixée à l'article 17, § 1er. Le solde est versé à la passation de l'acte authentique d'acquisition du bien de remplacement.

En l'occurrence, la police d'assurance retenait explicitement en son article 4 des conditions générales l'hypothèse du remplacement du bien par l'acquisition d'un autre bien, ainsi que le constatent les arrêts attaqués des 15 janvier 2008 et 19 avril 2010.

Il s'ensuit qu'en cette hypothèse, l'assureur s'acquittera de son obligation d'assurance en payant l'indemnité affectée au remplacement dans les mains de l'assuré.

L'article 10 de la loi hypothécaire du 16 décembre 1851, avant sa modification par la loi du 25 juin 1992, dispose que, lorsqu'un immeuble, des récoltes ou des effets mobiliers auront été assurés, soit contre l'incendie, soit contre tout autre fléau, la somme qui, en cas de sinistre, se trouvera due par l'assureur, devra, si elle n'est pas appliquée par lui à la réparation de l'objet assuré, être affectée au paiement des créances privilégiées ou hypothécaires, selon le rang de chacune d'elles.

Il ressort de cet article qu'en cas de sinistre, les droits du créancier hypothécaire ou privilégié seront reportés sur l'indemnité d'assurance, qui se substitue au bien, à moins que celle-ci ne soit affectée à la réparation de l'objet assuré, soit par la réparation du bien sinistré au sens strict du mot, soit par son remplacement.

En cette dernière hypothèse, l'article 79 de la loi hypothécaire, lequel dispose en son premier alinéa que, si les immeubles affectés à l'hypothèque ont péri ou ont éprouvé des dégradations, de manière qu'ils soient devenus insuffisants pour la sûreté du créancier, celui-ci a le droit de réclamer le remboursement de sa créance, est mis hors de jeu.

Il s'ensuit que, si l'indemnité d'assurance est affectée à la réparation de l'objet assuré, l'assureur ne pourra pas être contraint de la liquider entre les mains du créancier hypothécaire ou privilégié.

De même, les saisies-arrêts exécution pratiquées entre les mains des assureurs à l'initiative d'autres créanciers ne seront pas de nature à empêcher l'affectation de l'indemnité d'assurance à l'acquisition du bien de remplacement, la saisie-arrêt exécution ne créant aucun droit de préférence, les causes légitimes de préférence étant, aux termes de l'article 9 de la loi hypothécaire, les privilèges et hypothèques.

En outre, l'article 8 de la loi hypothécaire précise explicitement que les biens du débiteur sont le gage commun de ses créanciers et que le prix s'en distribue entre eux par contribution, à moins qu'il n'y ait entre les créanciers des causes légitimes de préférence. Il s'ensuit que les créanciers ne disposant d'aucun privilège ou hypothèque sur ledit bien devront respecter la préséance des créanciers hypothécaires ou privilégiés, qui eux-mêmes n'ont pas plus de droits que la loi ne leur accorde.

Or, dans la mesure où l'article 10 de la loi hypothécaire précise explicitement que la somme qui, en cas de sinistre, se trouvera due par l'assureur ne sera affectée au paiement des créances privilégiées ou hypothécaires, selon le rang de chacune d'elles, que pour autant qu'elle n'est pas appliquée à la réparation de l'objet assuré, il s'ensuit que les créanciers hypothécaires ou privilégiés n'ont, en cette dernière hypothèse, aucun droit à faire valoir sur l'indemnité affectée à la réparation, ni, a fortiori, les créanciers ne pouvant se prévaloir d'aucun droit de préférence, sous peine de violer l'article précité.

Partant, dans la mesure où la cour d'appel a considéré, tant dans l'arrêt du 15 janvier 2008 que dans celui du 19 avril 2010, que les saisies-arrêts exécution qui furent pratiquées entre les mains des assureurs, dont celle à laquelle avait procédé le créancier hypothécaire, faisaient craindre que le demandeur ne soit jamais en mesure d'effectuer les paiements prévus aux compromis de vente invoqués, et a considéré de la sorte que les assureurs seraient contraints de liquider l'indemnité d'assurance entre les mains des créanciers saisissants, même si celle-ci était affectée à la reconstitution du bien sinistré, pour en déduire l'absence de chances réelles de réaliser les ventes et, partant, la non-réalisation d'une condition pour obtenir l'indemnité due en cas de reconstitution, elle n'a pas légalement justifié sa décision (violation des articles 8, 9, 10, avant sa modification par la loi du 25 juin 1992, et 79 de la loi hypothécaire du 16 décembre 1851, 1er, 20 et 36, avant son abrogation par la loi du 25 juin 1992, de la loi du 11 juin 1874 formant les titres X et XI du livre 1er du Code de commerce, 17, §§ 1er et 4, et 19, § 2, de l'arrêté royal du 1er février 1988 réglementant l'assurance contre l'incendie et d'autres périls en ce qui concerne les risques simples).

III. La décision de la Cour

Sur la fin de non-recevoir opposée au pourvoi par les défenderesses en tant qu'il est dirigé contre l'arrêt du 20 avril 2009 et déduite de ce que le demandeur ne critique pas cet arrêt :

Il ressort du moyen que le demandeur ne critique que les arrêts des 15 janvier 2008 et 19 avril 2010.

Si, sans doute, la cassation du premier de ces arrêts entraînerait l'annulation de l'arrêt du 20 avril 2009, qui en est la suite, l'effet d'une cassation sur l'étendue de celle-ci ne constitue toutefois pas un moyen.

La fin de non-recevoir est fondée.

Sur le surplus du pourvoi :

Sur le moyen :

Il ressort des arrêts attaqués des 15 janvier 2008 et 19 avril 2010 que le demandeur, assuré des défenderesses, réclamait que l'indemnité lui revenant à la suite de la perte de son immeuble assuré contre l'incendie, qu'il avait renoncé à reconstruire, fût, conformément à l'article 4 des conditions générales, fixée, non à la valeur vénale du bâtiment, sous déduction de la valeur du terrain, mais à la valeur prévue au contrat en cas de reconstitution du bien.

Quant à la première branche :

L'arrêt attaqué du 15 janvier 2008 constate que le demandeur invoque deux « actes sous seing privé [...] par lesquels il se porte acquéreur d'appartements à construire à Ostende ».

Après avoir relevé « qu'il n'apparaît pas que [la] convention [à laquelle se rapporte le second de ces actes] ait été résolue » et que les défenderesses « font valoir que leur assuré [ici demandeur] n'est en mesure de produire que des compromis de vente, qui n'ont pas d'effet à l'égard des tiers, d'autant qu'ils sont assortis d'une condition suspensive relative précisément à l'octroi des indemnités d'assurance dont [il] se prétend créancier », alors que, « selon elles, la vente d'un bien immobilier à leur assuré ne leur serait opposable qu'après transcription de l'acte authentique de vente », l'arrêt attaqué du 15 janvier 2008 considère que « c'est oublier que le contrat [d'assurance] lui-même précise que l'indemnité est payée ‘lors de l'acquisition du bâtiment', ce qui doit être compris comme étant la date à laquelle cette acquisition se réalise entre les parties à la vente et non celle de la transcription de l'acte authentique ».

Cet arrêt poursuit que, « dans le cas d'espèce, les saisies-arrêts déjà pratiquées auprès des [défenderesses] sur les indemnités qu'elles pourraient être amenées à verser [au demandeur] font craindre, dès à présent, que ce dernier ne soit jamais en mesure d'effectuer les paiements prévus aux compromis de vente invoqués », que « la cour [d'appel] n'a pas le pouvoir de contraindre son créancier hypothécaire à renoncer à ses garanties initiales et à transférer son hypothèque existante sur les immeubles qui seraient nouvellement acquis » mais qu'« il appartiendrait [au demandeur] de prouver que pareille solution a été négociée avec ledit créancier » et qu'« il convient qu'[il] s'explique sur ses possibilités de reconstitution de son patrimoine ».

Statuant sur cet objet après la réouverture des débats ordonnée à cette fin, l'arrêt attaqué du 19 avril 2010 considère que « force est de reconnaître que [le demandeur] ne fait état d'aucune négociation et encore moins d'accord conclu avec son créancier hypothécaire pour permettre, par la perception des indemnités d'assurance, le financement des acquisitions projetées », que « le créancier hypothécaire a procédé également à une saisie-arrêt le 4 novembre 2002 pour une somme de 1.058.830,98 euros à majorer de 212,25 euros par jour depuis le 5 octobre 2002 », que le demandeur « ne justifie pas non plus, par des pièces récentes, que les vendeurs sont toujours disposés à passer les actes authentiques et n'ont pas déjà vendu leurs biens à des tiers » et décide qu'« il n'apparaît pas que [le demandeur] ait la moindre chance de pouvoir faire aboutir ses projets d'acquisition ».

Il résulte de ces motifs que, sans dénier ni l'existence ni les effets des compromis de vente produits par le demandeur, ni prêter à la condition suspensive qu'ils contiennent d'autre effet que de suspendre l'exécution des obligations qu'elle affecte, les arrêts attaqués fondent leur décision sur la circonstance que le demandeur n'établit pas qu'il lui sera possible de procéder au remplacement de l'immeuble sinistré en raison des droits que fait valoir sur l'indemnité d'assurance un créancier hypothécaire avec lequel il ne justifie avoir engagé aucune négociation.

Le moyen, en cette branche, manque en fait.

Quant à la seconde branche :

Aux termes de l'article 10, alinéa 1er, de la loi hypothécaire du 16 décembre 1851, tel qu'il s'applique au litige, lorsqu'un immeuble, des récoltes ou des effets mobiliers auront été assurés, soit contre l'incendie, soit contre tout autre fléau, la somme qui, en cas de sinistre, se trouvera due par l'assureur devra, si elle n'est appliquée par lui à la réparation de l'objet assuré, être affectée au paiement des créances privilégiées ou hypothécaires, selon le rang de chacune d'elles.

Il suit de cette disposition que, hors le cas où l'assureur s'est réservé le droit d'appliquer l'indemnité d'assurance à la réparation de l'objet assuré, cette indemnité est en cas de sinistre subrogée aux biens assurés au profit des créanciers titulaires d'un privilège ou d'une hypothèque susceptibles d'être exercés sur ces biens et que ces créanciers peuvent exiger que l'indemnité soit versée entre leurs mains et tenir pour non libératoire tout paiement fait directement à l'assuré.

En considérant, par les motifs reproduits en réponse à la première branche, que le demandeur ne justifie pas pouvoir réaliser son intention de remplacer l'immeuble sinistré dès lors qu'il ne fait état d'aucune négociation avec son créancier hypothécaire, alors qu'il y avait été invité par l'arrêt attaqué du 15 janvier 2008, l'arrêt attaqué du 19 avril 2010 justifie légalement sa décision d'évaluer l'indemnité d'assurance à la valeur vénale de l'immeuble sinistré, sous déduction de la valeur du terrain.

Le moyen, en cette branche, ne peut être accueilli.

Par ces motifs,

La Cour

Rejette le pourvoi ;

Condamne le demandeur aux dépens.

Les dépens taxés à la somme de six cent septante-trois euros deux centimes envers la partie demanderesse et à la somme de cent septante-cinq euros vingt-sept centimes envers la partie défenderesse.

Ainsi jugé par la Cour de cassation, troisième chambre, à Bruxelles, où siégeaient le président Chrtistian Storck, les conseillers Didier Batselé, Sylviane Velu, Alain Simon et Mireille Delange et prononcé en audience publique du dix-huit juin deux mille douze par le président Christian Storck, en présence de l'avocat général Jean Marie Genicot, avec l'assistance du greffier Fabienne Gobert.

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